Chez Kronenbourg, parlez avec ses dirigeants, parlez avec ses salariés, un mot revient souvent : la fierté.

Ce n’est pas pour rien que la journée des salariés offerte hier sur le site d’Obernai pour les 350 ans de l’entreprise a réuni autant de monde. Entre 3 200 et 3 700 personnes étaient attendues, invitées par des salariés venus pour certains de Paris et qui ont profité d’une organisation haut de gamme (lire également en page 14).

« Kronenbourg, c’est une histoire incroyable, on ne pouvait pas ne pas laisser passer cet anniversaire, expliquait le PDG, Marc Vermeulen. Très peu d’entreprises en France peuvent revendiquer une telle antériorité, en plus en restant dans le même métier, malgré des hauts et des bas : l’entreprise a traversé une dizaine de guerres ! Il y a aussi eu un déclin difficile à vivre dans les années 2000 mais on regagne des parts de marchés aujourd’hui grâce aux innovations des dernières années et on est très optimiste sur l’avenir, même si l’environnement économique et fiscal n’est pas simple. »

C’est tout cela qui nourrit la fierté des salariés. « Il y a une fierté d’appartenir à Kronenbourg qui se reflète quand on en parle », observe une salariée de la DRH croisée aux côtés de trois amis. L’un d’eux, 25 ans de restauration à Strasbourg derrière lui, est venu pour « savoir comment une entreprise qui a touché le fond est aujourd’hui au top » et est une…. «fierté pour l’Alsace et la France. »

Le bio pas rentable

En retour et sans concertation, le PDG se dit « fier des salariés, qui sont des passionnés », et se montre « très fier de notre faible impact environnemental », vantant les 80 % de bières qui sortent de l’usine dans des wagons, un train équivalent à 120 camions. Et tant pis si Kronenbourg ne commercialise pas de bière bio parce que ce n’est pas assez rentable. Elle en a simplement sorti une pour ce week-end, fournissant BiObernai. « On travaille sur une autonomie énergétique à 100 % », révèle de son côté Jean Hansmaennel, vice-président. Grâce à sa propre station de méthanisation, l’usine couvre actuellement 20 % de ses besoins.

Guillaume Muller