L'IMPRIMERIE GYSS INVESTIT ENCOREÀ l’heure où l’industrie de l’impression subit la loi du déclin du papier, c’est peut-être bon signe si une imprimerie obernoise plus que centenaire investit dans un déménagement et une nouvelle machine.

Pour Gyss Imprimeur à Obernai, ça va bien, merci ! Une réponse à une question qui n’aurait rien d’anodin quand on connaît les difficultés rencontrées par le domaine de l’impression. La disparition programmée du papier met à mal une industrie pluricentenaire.

Spécialisée dans l’impression sur papier de magazines, prospectus, plaquettes, Gyss Imprimeur existe à Obernai depuis 1911. Finalement, l’image qu’on colle à une centenaire vénérable ne colle pas avec les ambitions modernes affichées par la société qui va carrément déménager pour mieux travailler.

Gyss Imprimeur quitte ses locaux de la zone d’activités Sud d’Obernai pour un petit saut au-dessus de la ville, qui l’amènera à la nouvelle zone d’activité du Thal, située au nord celle-là.

Pas d’extension programmée. Au contraire, le nouveau site de 1 600 m² sera même légèrement inférieur à la surface actuellement louée. Il s’agit de s’adapter à notre nouvel outil, explique Christian Sipp, le responsable de l’unité obernoise. L’entreprise remplace même ses deux presses actuelles par une seule machine. Elle aura donc besoin de moins de place.

Gyss, vitrine française d’un groupe allemand

Conséquence d’une baisse d’activité ? Pas du tout : la nouvelle offset va être plus performante que les deux anciennes machines. Et surtout, il s’agira de la faire fonctionner en continu. « Il vaut mieux une seule machine qui tourne tout le temps que deux machines qui fonctionnent à moitié », explique Thomas Ness.

Thomas Ness est l’un des deux dirigeants de Kehler Druck, une société d’impression de 70 salariés située sur le côté allemand du Rhin, à Kehl, et qui a racheté Gyss Imprimeur en 2008. Le jeune patron de 44 ans est un partisan de la flexibilité et de la polyvalence, qualités indispensables pour s’adapter dans la souplesse aux marchés les plus pointus.

Le chef d’entreprise allemand vient régulièrement dans la filiale alsacienne qui constitue la vitrine française du groupe, dit-il dans un français déjà bien élaboré pour celui qui s’est mis à la langue de Molière seulement quand il a racheté l’affaire alsacienne. « Ça marche à Kehl comme ça ! » affirme-t-il.

Et ça marchera donc à Obernai comme ça aussi. La meilleure stratégie pour conforter la filiale alsacienne. Christian Sipp, en pilier de l’entreprise, a vu avec satisfaction son propre marché exploser. Passer, pour ce qui concerne l’Alsace, d’un périmètre uniquement strasbourgeois à l’origine à une couverture régionale. Quant au marché « parisien », il représente autour de 50 % du chiffre d’affaires.

Le montant de l’investissement représenté par le déménagement se situe autour de 5 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires du groupe Kehler Druck est, lui, de 15 millions d’euros.

Claude RobineT