Lettre des Adjoints au Maire aux DNA d’Obernai

Monsieur MULLER,

 

Dans notre mail d’hier, nous vous écrivions: “il nous apparaît important de sortir de notre mission première d’adjoints auprès de Bernard Fischer pour venir vous montrer notre détermination et nous entretenir avec vous de ce sujet qui nous tient à coeur”.

 

Votre article du 9 juillet relatant l’importante réunion du Conseil Municipal lors de laquelle il a été évoqué tous les enjeux de l’Hôpital Civil d’Obernai et notamment la programmation de la fermeture de la maternité, appelle de la part des adjoints et du groupe majoritaire un certain nombre de remarques :

 

SUR LA FORME

 

Vous relatez les enjeux de cet important dossier, notamment l’exposé du Maire, les interventions de Melle Catherine EDEL, Ajointe au Maire et Mme Marie-Claude SCHMITT (et non pas Marie-Paule), Conseillère Municipale qui travaille depuis 26 ans dans cet hôpital.

 

Nous aurions aimé que les propos de Maître Martial FEURER, le plus ancien Conseiller municipal d’Obernai (depuis 1977), soient également relatés.

 

SUR LE FOND

 

1.Toute une série de points historiques, médicaux, techniques, économiques… exposés par le Maire ne figurent pas dans votre article. Or, vu l’importance du dossier, il nous apparaît comme civique que la teneur des propos du Maire d’Obernai, qui ont été exposés en détail lors de cette importante séance, fasse l’objet d’une information complémentaire à la population.

 

2. Ainsi, le Maire d’Obernai a évoqué les points suivants :

 

  • Il a rappelé l’historique de l’hôpital de sa création à aujourd’hui, les principales évolutions et les changements successifs durant ces dernières décennies.
  • Il a fait état d’une gestion linéaire budgétairement programmée à une tarification à l’acte (T2A) depuis 2007, ce qui conditionne considérablement le budget de la maternité et le budget de l’hôpital en général.
  • Il a fait mention de la volonté affichée par le Gouvernement Jospin dans les années 2000 de diminuer le nombre de lits hospitaliers en France de 20.000 lits.
  • Il a évoqué le fait que le service de radiologie fonctionne en journée et non pas la nuit, ce qui conditionne totalement l’encadrement médical et sanitaire de la maternité. Ainsi, 4 élus, Bernard FISCHER, Théo SCHNEE, Jean-Paul BELLER et Laurent FURST, se sont battus il y a 4 ans pour l’implantation d’un scanner au cabinet de radiologie de Molsheim, ce qui a malheureusement entraîné le départ du radiologue de l’Hôpital d’Obernai et a fragilisé pendant 3 ans les dispositifs d’interprétation de l’imagerie médicale à l’Hôpital d’Obernai.
  • S’il n’y avait pas eu cette implication des élus locaux, le 7ème scanner aurait été installé à Strasbourg et non à Molsheim.
  • Heureusement, depuis 1 an, un radiologue de Sélestat est détaché à l’Hôpital d’Obernai pour l’interprétation de l’imagerie.
  • Les points spécifiques à la maternité

Þ  Examens de biologie. En cas d’accouchement la nuit et de nécessité impérieuse, il faut avoir recours à un taxi pour transporter en examen d’urgence à Strasbourg ou à Sélestat.

Þ  Absence de radiologie 24h/24 (et ceci depuis toujours).

Þ  Néo-natalité – pédiatrie : pas de possibilité de prise en charge directe de l’activité néo-natale, en cas d’urgence absolue, un transfert devrait se faire sur Strasbourg ou Sélestat. Les pédiatres locaux sont mobilisables, mais ne sont pas de garde officiellement. Ceci pose la question: qui serait responsable en cas d’incident ?

Þ  Gardes et astreintes. La maternité ne répond pas complètement à la réglementation en vigueur. En effet, l’un ou l’autre praticien hospitalier n’a pas la “qualification chirurgie” (dans l’hypothèse d’une césarienne). De ce fait, le praticien qui a la “qualification chirurgie” est quelquefois de garde 24h/24, ce qui n’est pas règlementaire.

Þ  Anesthésie. Il existe un tableau prévisionnel mensuel des gardes des anesthésistes. L’Hôpital d’Obernai emploie 2 anesthésistes. Dans une situation d’urgence, il faut au moins 20 minutes à un anesthésiste d’astreinte pour se rendre la nuit à l’hôpital.

Þ  Sages-femmes. Les effectifs sages-femmes ne sont pas suffisants pour “couvrir” tous les besoins la nuit. Ce point n’est pas conforme à la réglementation.

Þ  Taux d’occupation des lits. Le taux d’occupation des lits en gynécologie obstétrique est de 40 %, avec une durée moyenne de séjour (DMS) de 3,6 jours. Ainsi, le service compte un taux d’occupation des lits extrêmement pénalisant pour l’économie de l’hôpital eu égard au dispositif T2A.

Þ  Les normes en vigueur sont de plus en plus drastiques. Ainsi, en 1980, 4 sages-femmes suffisaient -> c’était règlementaire. Aujourd’hui, elles sont à 12.

Tous ces points nous semblent suffisamment importants pour qu’ils soient  portés à la connaissance des populations de nos secteurs.

 

D’autres points ont également été évoqués par le Maire et ne sont pas à relater dans un article, mais vous en êtes seul juge.

 

  • La COMEX est présidée par un magistrat indépendant. Le non renouvellement de l’activité maternité à l’Hôpital d’Obernai a été décidé à l’unanimité des membres siégeant dans cette commission.
  • Le Maire avait réuni en 2002 l’ensemble des praticiens hospitaliers (37) en mairie d’Obernai pour une soirée d’échange, ceci était une première à Obernai et peut-être dans le Département.
  • Le Maire a également fait mention de nombreuses réunions organisées en mairie avec les chefs de Service ces dernières années pour essayer de trouver des solutions, notamment pour la chirurgie ambulatoire. Ainsi, les ORL d’Obernai réalisent plus de 600 actes chirurgicaux par an. Le Maire a eu des contacts avec les ophtalmologues, le pneumologue et la gastro-entérologue d’Obernai en 2007, pour essayer d’étayer un projet de chirurgie ambulatoire plus ample, afin de pérenniser à terme ces secteurs d’activité chirurgicaux.

Enfin le Maire a rappelé qu’il était essentiel de se mobiliser pour une nouvelle structure hospitalière à Obernai, qui devra répondre aux besoins pour les décennies à venir des populations des secteurs Bruche-Piémont, à savoir :

 

un service de médecine polyvalente : 30 lits

– un service de court séjour gériatrique : 30 lits

– un secteur d’unité de soins de suite de réadaptation : 30 lits

– une unité de soins de longue durée : 30 lits

soit une capacité de 120 lits en tout (l’Hôpital Civil compte actuellement 67 lits, l’EHPAD St Vincent 32 lits.

 

Bien entendu, dans le cadre d’une nouvelle construction, l’EHPAD des Berges de l’Ehn, hébergeant 75 lits route de Boersch, resterait en place et opérationnel. Nous passerions ainsi à Obernai à 195 lits contre 174 lits actuellement.

 

De plus, ce nouvel hôpital devra comporter toutes les infrastructures médicales (radiologie…) et pourquoi pas une structure d’accueil d’un futur scanner ou IRM.

 

Pouvons-nous, Monsieur MULLER, en conclusion vous redire l’importance de ce dossier pour l’ensemble du Conseil Municipal et soumettre à votre réflexion l’ensemble de ces points vitaux pour l’avenir de la santé à Obernai et vous demander  expressément de relater tous ces points dans les colonnes des Dernières Nouvelles d’Alsace.

Tous ces points ont été longuement développés, explicités et commentés par le Maire d’Obernai. Il est essentiel que ces informations ne restent pas entre les murs d’un Conseil Municipal mais soient connues de l’ensemble des habitants et des instances décisionnaires.

 

Malgré la longueur de notre mail, dépendante de votre article, permettez-nous de rajouter, sur la forme encore… qu’il n’aurait pas été déplacé de dire que Monsieur FREYERMUTH a “remercié sincèrement Monsieur le Maire” (ce sont ses propos).

 

Pour être complet, nous rajoutons que, dans un esprit de concorde, le Maire s’est juste permis de montrer un instant les deux tracts du groupe d’opposition pour les élections municipales de mars 2008, en précisant que le mot “hôpital” ne figurait pas dans ces tracts de campagne.

 

Nous apprécierions beaucoup que vous preniez en considération notre proposition d’un article complémentaire sur ce sujet oh combien vital!.

 

En vous remerciant par avance.

 

Bien cordialement,

 

Les Adjoints de la Ville d’Obernai.