Les élites nationales n’ont décidément pas compris, et ceci depuis de nombreuses années, pourquoi de plus en plus de Français votent FN, alors qu’il y a des explications aux résultats du 1er tour des élections régionales du dimanche 6 décembre 2015.

  • En 1981, le FN représentait 0,5 % de l’électorat. Sous la présidence de Mitterrand, le FN est monté jusqu’à 15 %. Le FN a connu un recul à 10 % en 2007, pour se retrouver à près de 18 % en 2012. Après 3 ans de gestion désordonnée et calamiteuse du Président Hollande et des socialistes, le FN connait aujourd’hui une adhésion record à 30 % des voix.
  • Chaque fois que les socialistes ont été au pouvoir (Mitterrand 1981-1995, Jospin 1997-2002, Hollande 2012 à ce jour), la France a régressé et les valeurs de notre République Française n’ont pas fait l’objet d’une affirmation comme il se devait de la part de ses gouvernants.

 Rappels :

­ – Jospin, 1er Ministre a laissé siffler la Marseillaise au Stade de France en 2000, sans réagir : c’était la 1ère très forte alerte qu’il fallait prendre en compte, mais il n’a rien fait.

­  – En 2009, un débat a été lancé sur la notion d’identité française : les socialistes et les journalistes bien-pensants de gauche, ont vociféré contre ce débat, qui n’a abouti à rien  à extrêmement préjudiciable pour la France.

  • Que dire de la gestion des socialistes sous la présidence Hollande depuis 3 ans ? Aucune vision, aucun cap fixé, aucune perspective… Il appartient à un Président de la République, de porter haut les valeurs de la République Française et de créer la confiance qui permette aux entrepreneurs d’investir et de créer des emplois, aux corps intermédiaires de s’investir davantage pour le bien commun, et aux Français de partager un destin à la hauteur des ambitions d’un pays. Au lieu de cela, nous avons subi une gestion de « bricolage » indigne d’un pays moderne comme la France.

  Je me permets d’énumérer quelques décisions prises par les socialistes :

  –  annulation du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires, qui permettaient pourtant à plusieurs millions de personnes de travailler quelques heures en plus et d’avoir ainsi des revenus complémentaires non imposées… nuançant ainsi les effets dévastateurs de la mise en place des 35 heures par le Gouvernement Jospin,

  –  suppression de la journée de carence des fonctionnaires, creusant ainsi l’écart entre le secteur privé et le secteur public,

  –  dépénalisation d’un certain nombre de délits : expression d’un laxisme de plus en plus ample de la part de la Ministre de la Justice à l’égard des délinquants,

  –  déficits financiers publics de près de 4 %, sans aucune réforme structurelle ni économie substantielle dans les « sphères étatiques ».

Cette gestion hasardeuse depuis 3 ans, a entrainé :

–  une augmentation du nombre de chômeurs de plus de 500 000,
–  une dette de la France, qui est passée de 1800 à 2100 milliards d’euros,
–  un déficit financier du budget, qui n’est toujours pas maitrisé,
–  une ponction fiscale sur les foyers français et les entreprises de 60 milliards d’euros entre 2013 et 2015.

  • De surcroît, le Président Hollande a pris la décision seul d’intervenir au Mali, alors que les capacités militaires de la France sont de plus en plus réduites et que notre pays devient ainsi, à lui tout seul, la cible privilégiée des groupes djihadistes qui sont aujourd’hui largement infiltrés dans notre pays.

Pourquoi le gouvernement socialiste a-t-il attendu les tragiques attentats du 13 novembre 2015 perpétrés à Paris, pour lancer enfin des perquisitions dans les « milieux djihadistes » en France et remettre en place un dispositif de contrôles à nos frontières ?

Le Président de la République et son gouvernement, dans le cadre de la fonction régalienne de l’Etat qu’est la sécurité, doit protéger les Français. Aucune décision majeure n’a été prise après les attentats du 7 janvier 2015 : ceci est totalement incompréhensible…

  • De plus, Hollande et le gouvernement Valls prennent la décision, sans aucune concertation, de fusionner les actuelles 22 régions métropolitaines en 13 grandes régions : la région Grand Est « agglutinant » l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne, constitue une ineptie totale. Le fonctionnement de cette nouvelle grande région coûtera demain plus cher pour moins d’efficacité dans le cadre de ses compétences. Dans le résultat du vote d’hier, il y a notamment de la part des Alsaciens, un rejet exprimé pour cette Grande Région, ce qui est compréhensible.
  • Pour le 2nd tour des élections régionales du dimanche 13 décembre 2015, nous nous mobiliserons pour que Les Républicains et le Centre puissent gagner le plus grand nombre de régions.

Cependant, il serait nécessaire que le Président de la République tire les conclusions de cette situation, dont il porte lui et ses collègues socialistes, une grande part de responsabilité.

En 1969, Le Général de Gaulle, Grand Homme, avait « tiré sa révérence » avec élégance après le référendum.  Le Président Hollande serait bien inspiré à réfléchir à la situation actuelle de la France et à prendre une initiative équivalente.

Si les socialistes persistent pendant encore un an et demi à gouverner la France, tel qu’ils l’ont fait pendant ces 3 dernières années, il ne faudra pas s’étonner alors d’un résultat malheureusement prévisible aux élections présidentielles de mai 2017 !!!

La France est un pays magnifique que nous aimons de tout cœur, mais il est regrettable que les élites nationales ne soient pas à la hauteur des enjeux d’avenir.

  • Un certain nombre de philosophes et de grands penseurs tels que Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Michel Onfray… ont « tiré des sonnettes d’alarme » depuis plusieurs mois : seule réaction des pseudo-spécialistes de gauche sur les plateaux de télévision : les traiter de réactionnaires.

    Ci-après, le texte de Pascal Bruckner concernant la gauche française, publié le 12 novembre 2015, à la veille des attentats de Paris :

« C’est quoi, les délires de la gauche ?

La gauche a trahi « la splendide promesse faite au tiers état », selon la formule d’Ossip Mandelstam. Et ce au moins sur trois plans. D’abord, en frappant l’idée de progrès d’obsolescence, via l’écologie radicale, en faisant de l’aventure industrielle une catastrophe : le futur devient une terre de menace, d’abomination, il faut avancer les yeux tournés vers l’arrière, demain sera forcément pire qu’aujourd’hui… Cette gauche-là ne nous envoie que des faire-part de décès.

Sur le plan de l’éducation, ensuite, on l’a vu avec la réforme de ce printemps : l’école n’est plus le lieu de la transmission et de l’excellence, mais un lieu d’animation et de nivellement. Haro sur les bons élèves qui font encore du latin et de l’allemand, il faut araser au plus petit dénominateur commun, au nom de l’égalité. Les meilleurs sont a priori suspects, car ils humilient les autres.Abolissons les notes et les classements, forcément discriminatoires. La troisième trahison est intervenue avec le rapport de Terra Nova, ce think tank du PS, publié il y a quelques années : il a décrété la classe ouvrière embourgeoisée et trop attachée au terroir, quand la classe de l’avenir réside dans l’alliance des bobos urbains et des populations des banlieues. C’est ainsi que la gauche a perdu le peuple et l’a offert en cadeau de mariage au Front national. »

Cette réflexion est à méditer… Espérons vivement que notre magnifique pays connaisse un sursaut salvateur et ne sombre pas davantage dans le déclin…

Bernard FISCHER
Maire d’OBERNAI
Vice-Président du Conseil Départemental du Bas-Rhin